L’accord du couchant – Souffle – Améthyste

C. et L. avaient trouvé l’endroit idéal. Un repli de sable et de roche où le monde semblait s’arrêter. Le soleil, à l’agonie, promettait d’incendier l’horizon. C. s’était calée contre le rocher poli, sentant la pierre lisse soutenir son dos, tandis que le sable tiède épousait ses courbes.

Sans un mot, elle invita L. d’un geste. Elle s’installa entre ses jambes, son dos contre sa poitrine. C. referma ses bras sur elle, et leurs respirations s’accordèrent immédiatement au rythme des vagues. Le ciel se parait de pourpre et d’orangé, et leurs bouches se frôlaient, simples promesses de baisers, comme l’écume qui hésite à monter plus haut sur la dune.

Les doigts de C. remontèrent lentement les avant-bras de L.. À chaque effleurement, L. s’abandonnait davantage contre elle, les paupières mi-closes, buvant le calme et l’électricité qui montait.

Les baisers finirent par se poser, contemplatifs, un partage de souffle et de sel. Le monde s’était réduit à ce périmètre de peau, à cette chaleur qui irradiait entre leurs corps. C. glissa ses mains sous la chemise de L., sa paume captant les battements de son cœur et le soulèvement régulier de ses côtes.

C. approcha ses lèvres de l’oreille de L., laissant son souffle réchauffer la peau fine :« J’ai envie de te caresser jusqu’à ce que tu ne puisses plus retenir ton plaisir, qu’en dis-tu ? »

L. ne répondit pas par des mots. Elle traça un cercle lent sur la cuisse de C., ce signe secret qui, chez elles, signifiait un « oui » absolu, tandis que le premier éclair pourpre de l’horizon les enveloppait.

Dans les éclats du couchant, la promesse de ce qui allait suivre était aussi puissante que l’acte lui-même. C. resserra son étreinte, verrouillant ses bras autour du torse de L., tandis que son cœur à lui battait fort contre ses avant-bras.

Le plaisir n’avait pas encore éclaté, il infusait chaque pore de leur peau. Elles restèrent de longs instants, immobiles et frémissantes, conscientes que dans ce souffle partagé, l’union était déjà totale.

***

Le soleil finit de s’enfoncer dans la mer.. Le silence est plus dense, seulement rythmé par le clapotis de la mer qui semble accréditer ce qui vient de se passer.

C. sent le cœur de L. tambouriner contre ses avant-bras, ralentissant peu à peu, pour retrouver son calme. L. se retourne lentement, non pas pour partir, mais pour enfouir son visage dans le creux de son cou où elle dépose un long baiser, encore un peu essoufflé. Sa peau porte encore la trace de la chaleur de leur étreinte.

C. passe ses doigts dans ses cheveux décoiffés, savourant ce moment de retour au calme. Le plaisir qu’elle a sculpté émane encore de L. en ondes lentes, comme la respiration d’une dormeuse heureuse. Elle resserre ses bras autour de son torse, observant l’horizon où les dernières lueurs cuivrées se sont éteintes. Le sable a perdu sa chaleur et le vent devient plus nerveux, mais contre elle, dans ce silence partagé, elle se sent parfaitement à sa place.

, ,

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *